D’Days, la RATP et l’ECV anticipent des nouveaux scénarii d’usages


5 mai 2016

EVC RATP

Comment reconnaît-on le futur ? Aux objets qui entrent dans le champ de la caméra. Les œuvres de science-fiction sont ornées d’objets futuristes qui figurent un quotidien peu familier – une dissemblance – qui annoncent l’avenir. Kubrick invente l’iPad en 1968 dans 2001, l‘Odyssée de l’espace tandis que le professeur Tournesol présente une photocopieuse tridimensionnelle dans Tintin et le lac aux requins. Celle-ci préfigure l’imprimante 3D. Or, qui imagine, pense et matérialise tous ces éléments de notre vie quotidienne ? Les designers. Design et science-fiction font donc bon ménage ! Un seul différend peut-être. La science-fiction fait vivre des héros extraordinaires, le design façonne notre ordinaire quotidien.

Un objet qui ne fonctionne pas vraiment mais qui pourrait.

La design fiction est une méthode narrative qui utilise les outils du design pour spéculer sur un monde qui « pourrait être ». C’est une oscillation entre fait et fiction, entre réalité et imagination.  Il s’agit de raconter ce que pourrait être demain avec les outils du design ; un médium efficace pour nous aider à concrétiser le futur.

Un outil particulier du design est invoqué : le scénario d’usage. Le prototypage est narratif et immatériel, c’est ici un usage, un mode de vie conté, une action probable de notre quotidien. Il ne s’agit pas de trouver une application à partir d’une technologie ou d’un matériau, mais d’inventer un nouveau comportement, un nouvel usage ; la technique suivra.

L’objectif principal de cette méthode est de soulever des questions plutôt que d’apporter des réponses. C’est dans ce cadre que la fiction est intéressante, elle permet en effet d’attirer l’attention et de suspendre l’incrédulité. La finalité de la méthode est de créer une projection prospective propice au débat. Il s’agit bien de matérialiser des idées et des spéculations sans tenir compte de contraintes pragmatiques liées à la technologie ou aux finances. La design fiction n’a donc pas d’utilisateurs mais des spectateurs.

Cette discipline est peu reconnue en France et sur le vieux continent mais commence à se formaliser aux Etats-Unis. Julian Blecker y a publié en 2009 un essai, Design Fiction, A short essay on design, science, fact and fiction, qui a posé les bases théoriques de cette discipline. Il dirige aujourd’hui le Near Future Laboratory, une agence de conseil qui met la fiction par l’objet au cœur de ses méthodes. Le MIT a quant à lui créé un département de design fiction. Les principaux sujets abordés dans ce cadre sont liés à la société et au politique.

La thématique retenue pour cette édition du Festival, R/Evolution, nous amène à nous saisir de cet outil pour nourrir la programmation du Festival.

C’est à la station Saint-Germain-des-Prés, au cœur du quartier de la création littéraire, des artistes et des éditeurs, que l’exposition « Design Fiction : Il serait une fois… » imaginée par les étudiants de l’ECV à la demande de la RATP et de D’Days, prend la forme d’un grand conte futuriste. Elle propose quatre expériences graphiques et insolites sur notre quotidien de demain, mises en valeur par un dispositif immersif de projections lumineuses, ces quatre scénarii de « Design Fiction » invitent les voyageurs à se plonger dans leur quotidien de demain avec humour et créativité au détour d’un trajet plein de surprises :

Le Lièvre et la Tortue revisite la fable de La Fontaine pour illustrer les usages domestiques de demain ;
P’We capte les ondes positives pour les transformer en énergie ;
L’Epopée du Goût interroge les modes de consommation et l’alimentation de demain ;
Les Dialogues de demain aborde les conversations du quotidien du futur.

Scott Longfellow, Directeur de D’Days.

Direction artistique et coordination : Perrine Rousselet
Avec la collaboration des équipes RATP et D’DAYS

Informations pratiques
 :
Design Fiction : Il serait une fois…

Métro Saint-Germain-des-Prés 

Du 12 mai au 9 juin 

5H45 – 2H

Exposition Il serait une fois RATP ECV